La nouvelle est sortie il y a deux jours, et elle va faire pas mal de remous dans les sphères linuxiennes : Debian change de mode de release !
Pour le coup, on peut vraiment parler d’une révolution chez la distribution à la spirale
Je ne vais pas faire de gros billet là-dessus, d’autres le feront mieux que moi, j’essaye pour l’instant d’en imaginer les conséquences et de formuler quelques observations.
Concrètement, dorénavant, la version Testing freezera obligatoirement en décembre de chaque année impaire (donc Décembre 2009 pour Squeeze, Décembre 2011 pour Squeeze+1, …), et la release se fera dans l’année qui suivra, dans l’idéal au printemps.
Le cycle complet sera donc de deux ans.
C’est de là que vient mon “presque” du titre : en effet, au lieu de déterminer à l’avance la date de sortie (date butoir qui affecte directement la qualité finale de la distribution) comme le fait Ubuntu, c’est uniquement la date de freeze qui est bloquée, seules les fonctionnalités seront affectées (donc au pire, une fonctionnalité prévue pourra être écartée si elle n’est pas prête à temps).
Comme solution intermédiaire, je la trouve plutôt intelligente, les durées sont suffisamment grandes pour pouvoir développer sereinement la distribution et consacrer du temps à la résolution de bugs (4-5 mois), et elle donne beaucoup plus de visibilité sur le planning à venir.
(rappelons-nous du ridicule de l’annonce prématurée de la sortie de Lenny en septembre, alors qu’elle ne vit le jour qu’en février, soit 5 mois plus tard)
Sur la volonté de synchronisation avec Ubuntu LTS, cela pose pas mal de questions (voir le billet de Lucas Nussbaum) mais tant que l’impact n’est pas trop grand sur la qualité de Debian, ça m’importe peu.
Et si ça permet de meilleures LTS pour Ubuntu, tant mieux.
Lucas pointe d’ailleurs un élément intéressant : les LTS d’Ubuntu sortiront finalement presque en même temps que les releases de Debian, ce qui va les rendre vraiment très semblables à chaque fois. Il va être intéressant de voir comment elles se différencieront.
La durée de 2 ans est un assez bon équilibre pour la cible visée par Debian stable (d’autant plus que les versions intermédiaires “-n-a-half” arriveront à la moitié de la vie de chaque stable, apportant leur lot de support matériel supplémentaire)
Et en encadrant bien les releases dans le temps, ça rassurera pas mal de gens qui avaient plutôt tendance à préférer Ubuntu Server pour ne pas avancer vers l’inconnu.
Maintenant, à la communauté et aux développeurs Debian de faire en sorte que la qualité de Debian n’en pâtisse pas.
Je leur fais confiance là-dessus ![]()
(d’autant plus que Lenny a été développée en 22 mois, soit 2 mois de moins que ce que ce nouveau cycle permettra)