HP Visualize B132L+ en graphique sous Xorg

Rappelez-vous, dernièrement je vous contais mes aventures avec ma petite station PA-RISC, et l’installation d’une Debian Lenny sur la bestiole.

À l’époque, je vous disais :

Concernant une éventuelle utilisation en desktop, c’est pas gagné avec du Linux, en effet niveau graphique, le driver ne permet au maximum que du framebuffer, donc adieu l’accéleration 2D sous X.
La seule solution pour réellement en profiter en graphique est de revenir sur du HP-UX.

Le constat de base était vrai, mais la déduction que j’en faisais, était elle un peu rapide.

Au détour d’un lien sur parisc-linux.org me menant sur le site de PATeam, la capacité de la B132L à faire tourner un serveur X avec la puce graphique intégrée s’est rappelée à mon bon souvenir.

Ni une ni deux, je déplace le bazar à côté d’un écran et d’un couple clavier/souris, et c’est parti.

Petit apparté : depuis mon dernier article, j’ai upgradé la Debian vers la testing actuelle : Squeeze.
La petite Visualize fait donc tourner fièrement un noyau Linux 2.6.30 et de très fraîches versions de logiciels.

La doc me dit que pour mettre ça en place, j’ai juste à configurer Xorg pour utiliser le driver fbdev, et la même résolution que celle en cours dans le framebuffer console.
(qui est la résolution configurée dans le menu de boot PDC)

J’installe donc xorg très simplement, puis cela fait, je me rappelle que les dernières versions de Xorg ne nécessitent plus obligatoirement un xorg.conf, l’autoconfiguration étant désormais de mise.

Je me dis chiche, tapons directement un startx.

Et ça marche, je suis sous X dans la bonne résolution :D
(je ne pensais pas, vu l’exotisme de la chose)

En si bonne voie, j’ai donc continué et ai installé Fluxbox, qui tourne sans aucun problème, et quelques autres programmes pour tester la machine dans un environnement GNU/Linux graphique.

Le résultat :

Bon, oui c’est un peu moche :

  • La puce intégrée n’est capable de faire que du 8 bits (256 couleurs)
  • Je n’ai pas cherché à peaufiner l’apparence, c’est brut.

Mais :

  • Ça tourne, et plutôt pas mal : certes, c’est pas rapide, mais c’est pas vraiment plus lent que sur mon Pentium 200MMX ; le framebuffer non-accéléré ça marche bien finalement.
  • Les applis graphiques fonctionnent bien, à quelques exceptions près.
    Si Pidgin opère de façon très stable, c’est pas gagné pour les browsers web : Iceweasel, Midori et Uzbl se lancent, on peut surfer un peu, mais au bout d’un moment ça crashe. Kazehakase me sort carrément une “Segmentation fault” au lancement.

Ce problème de plantage des browsers web m’apparait comme assez général sur les archis exotiques : j’ai constaté la même chose sur une archi pourtant plus courante que PA-RISC, sparc64 (je vous en parlerai bientôt, de ça :D )
Il semble que les développeurs Gecko/Webkit sortent du code assez dépendant du x86, rendant malheureusement les portages sous d’autres archis difficiles et instables.

Demain, j’essaierai de récupérer un vieil Iceweasel/Firefox de Lenny ou de Etch, voir ce que ça donne.
Et Links en mode graphique devrait bien fonctionner je pense, sur sparc64 ça marchait (mais qu’est-ce que c’est moche …).

Je vais sûrement aussi améliorer un peu l’apparence de tout ça, pour que ça donne quelque chose d’un peu joli :)

Voilà mes aventures du jour ! :D
(c’est surtout pour faire patienter un peu, j’ai quelques bafouilles sur du matos exotique qui devraient arriver dans les prochaines semaines … oui je fais du teasing sans aucun scrupule)

Une NetBSD 5.0.1 en DomU Xen, c’est tout mignon

Depuis hier soir, une nouvelle machine virtuelle (DomU) est online sur le serveur : de son petit nom hippo-dns (et d’adresse dns.hippopota.me), elle héberge simplement un serveur Bind9 afin de me permettre de gérer directement de chez moi mon nom de domaine.

En effet, précédemment je laissais cette tâche aux bons soin de mon registrar, mais le faire soi-même n’a rien de compliqué, et c’est encore un pas de plus vers l’indépendance et la connaissance.

Et donc il y a deux semaines, j’ai mis en place un nouveau DomU Debian Lenny pour ça, avec un succès total (merci monsieur Zorg au passage ;) ).

Mais, regrettant depuis pas mal de temps le manque de variété dans mes machines virtuelles (que des Debian Lenny, en fait), et ayant bricolé de façon fort satisfaisante avec l’OS qui va nous intéresser, je me suis mis en tête de basculer ce serveur DNS du côté démoniaque du libre.

Plus précisément, sous cette bannière orange :
(plus familièrement appelée la serviette orange, par les initiés)

Pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que c’est le seul BSD à supporter pleinement Xen en paravirtualisé, et ce, en Dom0 ou en DomU.
(pour FreeBSD c’est en cours et prévu de façon stable pour la 8.0 il me semble, mais limité à du DomU et uniquement en 32 bits)

De plus, mes diverses installations pour découvrir la bête m’ont laissé une très bonne impression, bien meilleure qu’avec OpenBSD ou FreeBSD … question de feeling, sûrement.

Pour l’installation ça se passe comme dans du beurre.
(je ne vais pas tout décrire, ça n’est vraiment pas intéressant, lire la doc sera beaucoup plus utile)
J’ai fait à ma sauce.
Mais globalement le chemin est celui décrit dans ce lien : on se prépare ses petits volumes logiques LVM, son petit fichier de conf de DomU, on télécharge deux kernels NetBSD que l’on place quelque part sur son Dom0, l’un servira à booter une install par FTP (netbsd-INSTALL_XEN3_DOMU.gz), et l’autre (netbsd-XEN3_DOMU.gz) servira à faire tourner le DomU une fois installé.
Les kernels sont dispos sur les miroirs NetBSD, par ici entre autres.

L’installeur NetBSD est très clair et plutôt simple je trouve, bien loin de celui d’OpenBSD par exemple :D

L’installation terminée, on modifie bien sûr son fichier de conf pour booter sur le kernel définitif, et un xm create plus tard … ça boote, tourne et s’administre à merveille, à quelques subtilités près, propres aux habitudes bien différentes à avoir sous un système BSD par rapport à une Debian.

J’ai compilé Bind 9.6.1-P1 depuis pkgsrc, ai repris ma conf Bind de Debian, et ai substitué ce nouveau DomU à l’ancien sous Debian, le tout sans le moindre problème.

Depuis, ça tourne et ça ne bronche pas (en même temps, vue la charge …).

Comme d’habitude, le petit uname de rigueur :

hippo-dns$ uname -a
NetBSD hippo-dns.hippopota.me 5.0.1 NetBSD 5.0.1 (XEN3_DOMU) #0: Thu Jul 30 00:31:11 UTC 2009  builds@b7.netbsd.org:/home/builds/ab/netbsd-5-0-1-RELEASE/amd64/200907292356Z-obj/home/builds/ab/netbsd-5-0-1-RELEASE/src/sys/arch/amd64/compile/XEN3_DOMU amd64

Je ne basculerais sûrement pas tous mes DomU sous NetBSD (je ne suis pas encore totalement à l’aise avec), mais c’est (je trouve) une alternative intéressante quand on veut un peu diversifier son parc virtuel, tout en gardant les nombreux avantages d’un système para-virtualisé (perfs, non-dépendance aux instructions CPU de virtualisation, …).

Viendez, c’est l’été et il reste de la place sur la serviette orange :o

Debian devient (presque) “time based” !

La nouvelle est sortie il y a deux jours, et elle va faire pas mal de remous dans les sphères linuxiennes : Debian change de mode de release !
Pour le coup, on peut vraiment parler d’une révolution chez la distribution à la spirale :D

Je ne vais pas faire de gros billet là-dessus, d’autres le feront mieux que moi, j’essaye pour l’instant d’en imaginer les conséquences et de formuler quelques observations.

Concrètement, dorénavant, la version Testing freezera obligatoirement en décembre de chaque année impaire (donc Décembre 2009 pour Squeeze, Décembre 2011 pour Squeeze+1, …), et la release se fera dans l’année qui suivra, dans l’idéal au printemps.
Le cycle complet sera donc de deux ans.

C’est de là que vient mon “presque” du titre : en effet, au lieu de déterminer à l’avance la date de sortie (date butoir qui affecte directement la qualité finale de la distribution) comme le fait Ubuntu, c’est uniquement la date de freeze qui est bloquée, seules les fonctionnalités seront affectées (donc au pire, une fonctionnalité prévue pourra être écartée si elle n’est pas prête à temps).

Comme solution intermédiaire, je la trouve plutôt intelligente, les durées sont suffisamment grandes pour pouvoir développer sereinement la distribution et consacrer du temps à la résolution de bugs (4-5 mois), et elle donne beaucoup plus de visibilité sur le planning à venir.
(rappelons-nous du ridicule de l’annonce prématurée de la sortie de Lenny en septembre, alors qu’elle ne vit le jour qu’en février, soit 5 mois plus tard)

Sur la volonté de synchronisation avec Ubuntu LTS, cela pose pas mal de questions (voir le billet de Lucas Nussbaum) mais tant que l’impact n’est pas trop grand sur la qualité de Debian, ça m’importe peu.
Et si ça permet de meilleures LTS pour Ubuntu, tant mieux.
Lucas pointe d’ailleurs un élément intéressant : les LTS d’Ubuntu sortiront finalement presque en même temps que les releases de Debian, ce qui va les rendre vraiment très semblables à chaque fois. Il va être intéressant de voir comment elles se différencieront.

La durée de 2 ans est un assez bon équilibre pour la cible visée par Debian stable (d’autant plus que les versions intermédiaires “-n-a-half” arriveront à la moitié de la vie de chaque stable, apportant leur lot de support matériel supplémentaire)
Et en encadrant bien les releases dans le temps, ça rassurera pas mal de gens qui avaient plutôt tendance à préférer Ubuntu Server pour ne pas avancer vers l’inconnu.

Maintenant, à la communauté et aux développeurs Debian de faire en sorte que la qualité de Debian n’en pâtisse pas.

Je leur fais confiance là-dessus ;)
(d’autant plus que Lenny a été développée en 22 mois, soit 2 mois de moins que ce que ce nouveau cycle permettra)

Une machine qui sort de l’ordinaire

Cette semaine, je me suis amusé avec un gros jouet que j’ai récupéré de mon papa : une station HP Visualize B132L+.

Elle était un peu sale et sur le dessus, il y avait pire qu’un autocollant : un autocollant à moitié arraché.
Beurk, il était temps de lui rendre une petite jeunesse.

Voilà qui est beaucoup mieux.
À noter que sous l’emplacement de l’autocollant, on peut découvrir la couleur d’origine :D
Vu son âge, le jaunissement est modéré je trouve.

Bon ok, mais qu’est-ce que c’est que ce machin ?

J’y viens !

Alors, cette machine fait partie de la série des HP 9000, et elle prenait place dans l’entrée de gamme des stations de travail HP, à sa sortie en 1997.

Ce qui fait sa particularité (car somme toute, un ordinateur de 1997 ça n’a rien de si excitant en soi), c’est son architecture plutôt exotique.
En effet, ça n’est pas un PC, ça n’est pas du x86, mais ça repose sur l’architecture maison de HP (Hewlett-Packard à l’époque) : le PA-RISC (ou HP/PA).

C’est une architecture CPU à part entière, incompatible avec les autres, qui a connu trois versions majeures : 1.0, 1.1 puis 2.0 (cette dernière version étant 64-bits mais rétrocompatible 32-bits)

Pour l’OS, point de DOS ni de Windows, ces machines sont conçues pour tourner sur un OS particulier, également propre à HP : HP-UX.
C’est un UNIX propriétaire avec l’interface graphique CDE, qui a justement été crée pour PA-RISC, et a ensuite été porté sur Itanium après l’abandon de l’architecture. (mais les versions récentes de HP-UX sont toujours également compilées pour PA-RISC)
HP-UX est encore développé et assez utilisé, mais chez les pros il ne semble pas vraiment populaire par rapport à une concurrence assez agressive (Solaris, AIX, Linux, BSD), et a entamé un long déclin depuis quelques années. (allant de pair avec l’échec commercial qu’est l’Itanium).

Y’a quoi là-dedans ?

Cette série des BxxL a pour particularité de s’ouvrir comme un tiroir :

S’agissant d’un B132L+ (ou HP 9000/778), on a donc le droit à :

  • Un processeur PA-7300LC (architecture PA-RISC 1.1) cadencé à 132Mhz, 128Ko de cache L1 mais pas de cache L2 sur le mien (il y a 2 ports vides à côté du CPU pour permettre de monter le cache L2 jusqu’à 8Mo)
  • 128Mo de RAM SIMM ECC (upgrade possible jusqu’à 1.5Go)

  • Un disque SCSI Ultra2-Wide IBM Ultrastar 9ES (DDRS-39130WS) de 9.1Go et tournant à 7200tpm
  • Un lecteur de bande DDS2 en SCSI, modèle HP C1533A (un lecteur CD-ROM peut également y prendre place, ou éventuellement un second disque dur)
  • Un port ethernet 10/100Mbps, chip DEC 21142/43
  • Une puce graphique Visualize-EG “Graffiti” sortant sur un port EVC (ça a la même tête qu’un DVI mais ça n’en est évidemment pas un, c’est un connecteur propriétaire HP, il faut soit avoir un écran HP avec cette connectique, soit un adaptateur vers BNC ou VGA – c’est cette dernière solution que j’ai utilisé)
  • Des ports relativement classiques, PS2, RS232, SCSI externe, …

  • 2 slots PCI/GSC : 32-bits/33Mhz sous 5V pour les PCI. Je n’ai aucune idée de ce qui existe comme carte GSC.

Bref une machine relativement burnée pour l’époque, et très bien construite.

Par contre je n’ai aucune idée du prix auquel ça se vendait.

Un article du HP Journal de Juin 1997 qui présente la gamme B-class.

Qu’en faire ?

LA grande question :D

J’ai essayé de la booter telle quelle, HP-UX commence à se lancer mais le boot s’interrompt au bout d’un moment, il me semble qu’il cherche à obtenir une réponse d’un serveur avant de continuer.
Et sans login ni password, je n’aurais rien vraiment pu en faire.

J’avais de toutes façons dans la tête de la réinstaller from scratch, c’est plus drôle.

Côté OS compatibles, le choix est plutôt restreint par rapport à d’autres architectures, mais il va quand même falloir se décider, nous avons donc :

  • HP-UX : l’OS d’origine.
    L’avantage c’est la compatibilité et l’exploitation parfaite du matériel, c’est sous cet OS que les performances et les fonctionnalités materielles seront maximales.
    (drivers graphiques => accéleration 2D sous X, exploitation du CPU, …)
    Les inconvénients sont nombreux, CDE n’est pas super sexy (mais ça n’est pas vraiment un critère), il faut un peu bricoler pour avoir des softs libres récents (il existe des dépôts), et il faut aussi trouver un média d’installation. (la licence n’étant a priori pas un problème, celle-ci étant rattachée au matériel dans le cas des workstations – ça n’est pas le cas pour les serveurs)
  • Linux : il y a un port, d’ailleurs sponsorisé par HP à une époque.
    Celui-ci couvre les 3 versions de l’architecture, il y a même un kernel 64-bits pour les 2.0
    Il est reconnu comme étant plutôt de bonne qualité, même si le caractère exotique de l’archi fait que les bugs sont plus nombreux que sur d’autres, et pas forcément rapidement corrigés.
    Plusieurs distributions le fournissent, ainsi que les paquets adéquats, mais les deux seules réellement solides et tenues à jour sont Debian et Gentoo.
  • OpenBSD : un port existe, il a été développé from scratch, et en partie grâce à la doc fournie par HP pour le port Linux.
    Il semble être de bonne qualité, les versions 1.1 et 2.0 de l’archi sont supportées en 32 bits, un port 64 bits est en cours de développement, mais a l’air d’être abandonné.
  • NetBSD : il y a deux ports dispos, hp300 et hp700, pour respectivement PA-RISC 1.0 et 1.1, les PA-RISC 2.0 (série PA-8000) ne sont donc pas supportés.
    Le port se base sur celui d’OpenBSD et ne semble plus très maintenu, ni d’une grande qualité.

Mon choix s’est finalement porté sur Debian :D
Pour plusieurs raisons, par facilité parce que je connais plutôt bien la distro, et que je voulais voir comment Debian se comportait sur une archi pas commune :)

Je n’exclus pas d’essayer les autres, en particulier OpenBSD, voire NetBSD (sur lequel j’ai un peu bricolé ces derniers temps, et qui m’a beaucoup plu), mais pourquoi pas Gentoo (vu la puissance, l’installation risque d’être longue :D ).
Et évidemment HP-UX, ça serait bien que je voie un peu à quoi ça ressemble.

L’installation de Debian HPPA

Premier problème : le media d’installation

Et oui, si vous avez suivi, vous savez que sur cette machine, je n’ai comme périphérique de stockage amovible qu’un lecteur DAT.
Certes, d’après la doc HP, il est bootable (ça m’a d’ailleurs vachement étonné, je ne pensais pas possible de booter là-dessus), mais je n’ai pas de moyen de créer une DAT, je n’ai pas d’autre lecteur à ma disposition.
Je n’ai pas non plus de lecteur CD SCSI que j’aurais pu brancher temporairement sur le B132L+.

Il me reste donc une seule solution : booter l’installeur par le réseau.

C’est une fonctionnalité supportée par la console de boot.
Pour accéder à cette console, il suffit simplement d’appuyer sur Escape durant les 15 secondes de timeout avant le boot sur le périphérique par défaut.
On arrive à une invite de commande avec pas mal de possibilités.

Mais revenons à notre boot par réseau, et plus précisément la partie serveur.

Pour ce faire, je suis parti d’un PC avec une Debian minimale fraîchement installée (pas obligatoire, mais dans mon cas c’était un PC qui méritait un formatage) connecté directement en ethernet à la station HP (obligation d’utiliser un câble croisé ou une carte qui fait de l’auto-MDX).

Sur cette génération de HP/PA, le boot par réseau se fait par BOOTP et TFTP.

Sur le serveur j’ai donc utilisé dhcp3-server (qui remplit les fonctions de serveur DHCP ainsi que de serveur BOOTP, et est relativement simple à configurer) ainsi que tftpd-hpa (le “hpa” n’ayant rien à voir avec hppa, c’est simplement une version améliorée de tftpd).
Il y a moults tutoriaux sur le net pour expliquer leur configuration, je vous invite donc à suivre ce que Google vous proposera. (il n’y a rien de particulier, c’est du BOOTP/TFTP standard)

Concernant l’image de boot, j’ai utilisé celle fournie par Debian pour Lenny, disponible ici.

Lancement de l’installation

Une fois notre PC serveur configuré et en écoute, le câble branché, on peut lancer le HP.

Comme décrit précédemment, on appuie sur Escape lors du timeout concernant le périphérique de boot (le deuxième timeout), et à l’invite de commande on tape :

boot LAN

Tout simplement.

Si tout va bien, il vous indiquera qu’il a bien récupéré son IP depuis le serveur DHCP, ainsi que l’IP du serveur BOOTP.
Puis l’image se charge et on arrive à un menu comportant des choix de lancement de l’image.

Petite parenthèse : si ici il vous sort une grosse erreur avec un dump et une ligne comportant un “Status = -3″ c’est que votre serveur TFTP ou votre image n’est pas accessible, vérifiez votre configuration.

Il suffit de confirmer en entrant “b”, et on peut admirer, les yeux remplis de bonheur, le kernel Linux se charger, avec en haut à gauche, surveillant le bon déroulement des opérations, un joli Tux tatoué du logo PA-RISC.

Une fois que tout est chargé, on peut sans problème débrancher le câble ethernet du serveur et le brancher à son routeur/switch/quesaisje pour pouvoir fournir une connection internet à la netinstall.

La suite, c’est le classique et rassurant installeur Debian en ncurses, là pas de problème, on connaît ;)
C’est assez lent, premiers signes du manque de souffle de la machine ?
Néanmoins, l’installeur fonctionne parfaitement, tout se déroule comme une installation classique …

… en fait, pas si sûr :D

Deuxième écueil : le partitionnement

Et oui, car j’ai pas mal tatonné et foiré 3 installations avant de trouver le bon schéma de partitionnement :D

Tout d’abord, sur HPPA, pas de Grub ni de LILO, il faut utiliser un loader dédié nommé PALO.
(contraction de PA-risc LOader et faisant allusion à Palo Alto, ville dans laquelle Hewlett-Packard vit le jour)

Ce loader nécessite une partition dédiée, en tout premier. (que l’on peut choisir dans le choix du type de partition)

Ensuite, ce loader ne sait apparemment booter que sur de l’ext2, et seulement si la partition de boot est située dans les 2 premiers Go.

Puis enfin, LVM ne semble malheureusement pas fonctionner sur Debian HPPA.
Je n’ai pas vraiment creusé et suis revenu à un partitionnement classique.

En définitive voici le schéma qui a fonctionné pour moi, avec les partitions dans l’ordre :

  1. PALO : 100Mo
  2. /boot : Ext2 – 150Mo
    (je laisse toujours pas mal de place, je n’en manque pas sur ce disque)
  3. / : Ext3 – plus de 8Go
  4. swap : 512Mo
    (oui là aussi j’ai vu large, on ne sait jamais si il me prend l’envie de compiler des trucs)

On peut bien sûr séparer plus finement (notamment /home ou /var, suivant les besoins) mais ça n’était d’aucune utilité pour moi ici.

L’important étant de bien créer les deux premières partitions comme indiqué, le reste est à votre guise.

Finalisation

L’installation se déroulera parfaitement jusqu’à la fin, j’ai tout décoché (y compris “système de base”) dans les sets d’installation, comme j’ai l’habitude de le faire.

Un reboot final, les jeux sont faits.

Ça marche !

dek@basilic:~$ uname -a
Linux basilic 2.6.26-2-parisc #1 Sun Jun 21 04:16:17 UTC 2009 parisc GNU/Linux

Et ça marche même très bien, on a bien sûr accès à l’immense base de logiciels Debian, à Aptitude, apt-get, bref c’est une Debian ni plus ni moins :D

Le petit cpuinfo de rigueur :

dek@basilic:~$ cat /proc/cpuinfo
processor    : 0
cpu family    : PA-RISC 1.1e
cpu        : PA7300LC (PCX-L2)
cpu MHz        : 132.000000
model        : 9000/778/B132L+
model name    : Merlin L2+ 132 (9000/778/B132L)
hversion    : 0x00005030
sversion    : 0x00000481
I-cache        : 64 KB
D-cache        : 64 KB (WB, 2-way associative)
ITLB entries    : 96
DTLB entries    : 96 - shared with ITLB
BTLB fixed    : max. 16384 pages, pagesize=4096 (64MB)
BTLB fix-entr.    : 0 instruction, 0 data (8 combined)
BTLB var-entr.    : 0 instruction, 0 data (0 combined)
bogomips    : 87.55
software id    : 2015817119

La sortie de dmesg

Un lspci :

dek@basilic:~$ lspci -nn
00:13.0 SCSI storage controller [0100]: LSI Logic / Symbios Logic 53c875 [1000:000f] (rev 04)
00:14.0 Ethernet controller [0200]: Digital Equipment Corporation DECchip 21142/43 [1011:0019] (rev 30)

Les perfs disque, très correctes pour l’époque, merci le SCSI et les 7200tpm :

basilic:~# hdparm -Tt /dev/sda

/dev/sda:
 Timing cached reads:   104 MB in  2.02 seconds =  51.46 MB/sec
 Timing buffered disk reads:   40 MB in  3.14 seconds =  12.76 MB/sec

J’ai aussi lancé un iperf histoire de voir les performances de l’interface réseau, j’arrive à 75Mbps, ce qui est plutôt correct. (un matériel récent et de qualité fait 95Mbps en 100TX)

Au final, ça semble un peu lent à l’utilisation (genre pour aptitude, les accès à la base de données de paquets sont plutôt longuets), reste à savoir ce qui en est la cause.
Je pense plutôt à une mauvaise exploitation du matériel qu’à un manque de puissance intrinsèque (d’après des benchs CPU, en entiers c’est au niveau d’un Pentium Pro 166 et en flottant c’est supérieur à un Pentium Pro 200)

Mais sinon ça marche super bien, je suis à la recherche de benchs pour pouvoir comparer avec du x86, je vais sûrement faire tourner quelques services dessus voir ce que ça peut donner en utilisation réelle.

Sinon pourquoi pas un passage en Squeeze voire en Sid si je suis casse-cou :D
(si Sid n’est pas vraiment risquée sur i386, sur hppa ça risque d’être différent, y’a quand même moins de monde sur le coup :D )

Concernant une éventuelle utilisation en desktop, c’est pas gagné avec du Linux, en effet niveau graphique, le driver ne permet au maximum que du framebuffer, donc adieu l’accéleration 2D sous X.
La seule solution pour réellement en profiter en graphique est de revenir sur du HP-UX.

En tout cas cette belle machine ronronne désormais fièrement au sein de mon grand bazar et j’y accède par SSH quand je veux la gratouiller.

(notez la LED “coeur” qui informe des battements du kernel :D )

Je vous tiendrai au courant de mes pérégrinations, mais vous informe aussi qu’elle ne va pas longtemps rester seule, une deuxième machine PA-RISC attend son tour d’être ranimée, et cette fois c’est du plus puissant ;)

Complément :

D’après la mailing-list du port, l’équipe de release Debian aurait décidé d’abandonner hppa pour Squeeze :(
Si j’ai bien compris, l’archi serait retirée de testing et ne pourrait donc pas devenir une nouvelle stable, mais par contre le port serait toujours présent en unstable.

Affaire à suivre, mais c’est bien dommage.

Références

Le dossier avec toutes mes photos de la machine en haute résolution