Une NetBSD 5.0.1 en DomU Xen, c’est tout mignon

Depuis hier soir, une nouvelle machine virtuelle (DomU) est online sur le serveur : de son petit nom hippo-dns (et d’adresse dns.hippopota.me), elle héberge simplement un serveur Bind9 afin de me permettre de gérer directement de chez moi mon nom de domaine.

En effet, précédemment je laissais cette tâche aux bons soin de mon registrar, mais le faire soi-même n’a rien de compliqué, et c’est encore un pas de plus vers l’indépendance et la connaissance.

Et donc il y a deux semaines, j’ai mis en place un nouveau DomU Debian Lenny pour ça, avec un succès total (merci monsieur Zorg au passage ;) ).

Mais, regrettant depuis pas mal de temps le manque de variété dans mes machines virtuelles (que des Debian Lenny, en fait), et ayant bricolé de façon fort satisfaisante avec l’OS qui va nous intéresser, je me suis mis en tête de basculer ce serveur DNS du côté démoniaque du libre.

Plus précisément, sous cette bannière orange :
(plus familièrement appelée la serviette orange, par les initiés)

Pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que c’est le seul BSD à supporter pleinement Xen en paravirtualisé, et ce, en Dom0 ou en DomU.
(pour FreeBSD c’est en cours et prévu de façon stable pour la 8.0 il me semble, mais limité à du DomU et uniquement en 32 bits)

De plus, mes diverses installations pour découvrir la bête m’ont laissé une très bonne impression, bien meilleure qu’avec OpenBSD ou FreeBSD … question de feeling, sûrement.

Pour l’installation ça se passe comme dans du beurre.
(je ne vais pas tout décrire, ça n’est vraiment pas intéressant, lire la doc sera beaucoup plus utile)
J’ai fait à ma sauce.
Mais globalement le chemin est celui décrit dans ce lien : on se prépare ses petits volumes logiques LVM, son petit fichier de conf de DomU, on télécharge deux kernels NetBSD que l’on place quelque part sur son Dom0, l’un servira à booter une install par FTP (netbsd-INSTALL_XEN3_DOMU.gz), et l’autre (netbsd-XEN3_DOMU.gz) servira à faire tourner le DomU une fois installé.
Les kernels sont dispos sur les miroirs NetBSD, par ici entre autres.

L’installeur NetBSD est très clair et plutôt simple je trouve, bien loin de celui d’OpenBSD par exemple :D

L’installation terminée, on modifie bien sûr son fichier de conf pour booter sur le kernel définitif, et un xm create plus tard … ça boote, tourne et s’administre à merveille, à quelques subtilités près, propres aux habitudes bien différentes à avoir sous un système BSD par rapport à une Debian.

J’ai compilé Bind 9.6.1-P1 depuis pkgsrc, ai repris ma conf Bind de Debian, et ai substitué ce nouveau DomU à l’ancien sous Debian, le tout sans le moindre problème.

Depuis, ça tourne et ça ne bronche pas (en même temps, vue la charge …).

Comme d’habitude, le petit uname de rigueur :

hippo-dns$ uname -a
NetBSD hippo-dns.hippopota.me 5.0.1 NetBSD 5.0.1 (XEN3_DOMU) #0: Thu Jul 30 00:31:11 UTC 2009  builds@b7.netbsd.org:/home/builds/ab/netbsd-5-0-1-RELEASE/amd64/200907292356Z-obj/home/builds/ab/netbsd-5-0-1-RELEASE/src/sys/arch/amd64/compile/XEN3_DOMU amd64

Je ne basculerais sûrement pas tous mes DomU sous NetBSD (je ne suis pas encore totalement à l’aise avec), mais c’est (je trouve) une alternative intéressante quand on veut un peu diversifier son parc virtuel, tout en gardant les nombreux avantages d’un système para-virtualisé (perfs, non-dépendance aux instructions CPU de virtualisation, …).

Viendez, c’est l’été et il reste de la place sur la serviette orange :o

Conférence de Richard M. Stallman du 5 mai 2008 & réflexion sur le Libre

Richard Matthew Stallman (créateur du projet GNU et de la GPL) a tenu hier une conférence à Sophia Antipolis, intitulée :

Éthique et pratique du logiciel libre.

L’occasion pour lui de revenir sur les principes du logiciel libre, du projet GNU et de la licence GPL, mais également d’expliquer son plus récent combat, celui contre les DRM et de répondre à des questions plus larges de l’assistance et des internautes.

Je l’ai regardée en différé, via l’URL disponible à la fin de l’article.

Sur la forme, Richard Stallman s’est exprimé en français, ce qui est plutôt sympa, même s’il ne le maîtrise pas tout à fait parfaitement.
Des petites touches d’humour également, qui sentent malgré tout un peu le réchauffé.

Sur le fond, j’ai été un peu déçu, on n’apprend pas vraiment grand chose si on connaît déjà les grands principes du libre. Cela dit, c’est toujours plaisant d’entendre son créateur en parler.
Mais ça traîne un peu en longueur, et le fait de s’exprimer en français n’aide pas.
Quand je dis que ça sentait un peu le réchauffé, en fait, j’ai eu un peu cette impression tout du long de la conférence, qui a même l’air de gonfler un peu RMS lui-même :(

Il n’y a qu’au moment des questions de l’assistance que ça devient un peu plus captivant, mais malheureusement cette séance est bien trop courte, RMS semblant plus intéressé par la vente de ses goodies :(

Au final, j’ai vraiment eu l’impression que cette conférence était formelle, RMS jouant de sa notoriété pour se donner pour la énième fois un peu en spectacle en grappillant quelques sous au passage pour lui-même et sa fondation.
Je respecte profondément cet homme et son rôle, mais il semble usé … c’est vraiment dommage, ses idées et son combat sont plus que jamais d’actualité.

Lien vers la vidéo de la conférence.

Le libre : entre intégrisme et souplesse

Petite réaction à divers messages que j’ai pu lire sur des forums : beaucoup de personnes critiquent Stallman par exemple pour le fait qu’il déconseille expressément toutes les distributions permettant l’installation de contenu propriétaire (voir la liste des distributions officiellement supportées par la FSF), et que donc il déconseille par exemple les systèmes Debian (ne parlons pas d’Ubuntu :D ) ou xBSD.
Ces personnes considèrent cette prise de position comme un intégrisme rétrograde et extrémiste, qui agirait indirectement contre le libre, selon eux le libre a besoin de plus de souplesse.

Ce besoin de souplesse dans le libre est effectivement à discuter, mais dans le cas de Stallman ça n’est pas le problème : Stallman est le représentant de ce mouvement (du logiciel libre) que l’on pourrait qualifier de philosophique, et son créateur.
C’est un idéologue, et c’est même son rôle que de l’être.

Peut-on demander à un idéologue d’être pragmatique ? Selon moi ça n’a pas vraiment de sens.
L’ambassadeur d’un courant de pensée a pour fonction d’inciter les gens qui le suivent à adopter les postures fondamentales de ce courant.
Si souplesse il y a, c’est au niveau de ses adeptes (les utilisateurs ici) qu’elle doit exister, au moment où ils mettent en pratique les principes. Mais on ne peut pas demander à la plus haute instance d’un mouvement de minorer elle-même les principes qui le fondent, ça serait le début de sa décadence.

Pour faire une analogie avec la religion catholique :
Le pape énonce des grands principes (quasiment immuables), ses fidèles les suivant avec plus ou moins de rigueur suivant l’orientation qu’ils donnent à leur foi. (être plus ou moins pratiquant)
Mais par exemple, demander au pape d’accepter directement l’euthanasie ou l’avortement pour suivre l’évolution de la société, et de l’enseigner aux fidèles, ça serait le comble du ridicule et le délitement des valeurs morales de cette religion.
(qui a plutôt pour fonction de faire évoluer les sociétés que de suivre l’évolution de celles-ci)

En fonction des circonstances, on peut suivre avec plus ou moins de rigueur un mouvement philosophique dont l’on est adepte, mais demander au mouvement lui-même de changer pour s’adapter est absurde.
Sauf à créer un autre mouvement dont les principes seraient différents.

Voilà voilà.